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La "presquitude" du parfait dirigeant

il y a 12 heures
2 min de lecture

Dans l'imaginaire entrepreneurial, il y a un narratif sacrificiel très puissant : tout donner, faire parler de soi, porter la boîte à bout de bras. "Make your whole life worth the sacrifice".


Face à ce mythe, les manuels de gestion répètent qu'une entreprise "doit" se piloter d'une certaine façon : lever des fonds ainsi, structurer les équipes comme ceci, appliquer les bonnes recettes.


Mais quand vous êtes aux commandes, ces abstractions se heurtent au réel :


  •  Il y a des pans entiers du métier qui vous ennuient ou vous épuisent (la compta, le commercial, le management direct).

  • Vous vivez dans un environnement hyper-codifié, un peu comme cette tribu d'Amazonie observée par Lévi-Strauss, qui s'inventait des règles et des rituels complexes pour occuper son temps et masquer son angoisse du vide.

  • ·         Et contrairement au salarié, quand rien ne marche, vous ne pouvez pas aller vous plaindre au patron : le patron, c'est vous.


À trop vouloir cocher toutes les cases du "parfait dirigeant", on bascule dans une illusion de toute-puissance. On s'épuise à essayer d'être bon partout, tout en sachant pertinemment qu'on manque le moment du dîner avec ses enfants.


L'alignement d'un projet ne se fait pas sur des théories hors du réel. Il se fait sur la zone de plaisir et de talent brut de celui qui le porte. Si l'entreprise ne ressemble pas intimement à son dirigeant, elle s'éteint.


Grandir en tant que leader, ce n'est pas devenir une machine sans failles. C'est accepter le principe de réalité : admettre ce qui nous coûte, déléguer ce qui nous épuise, et calibrer l'ambition sur ce qui nous rend fondamentalement vivants.

Dans votre quotidien : pilotez-vous votre entreprise en fonction de ce qui alimente votre énergie, ou selon l'idée que vous vous faites de ce qu'un patron "devrait" faire ?

 
 
 

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